
I.
L'histoire du cigare
II.
La fabrication du cigare
1. La culture
2. Le séchage
3. La fermentation
4. La confection
III.
Les teintes des cigares
1. Double claro ou candela
2. Claro
3. Colorado claro
4. Colorado
5. Maduro colorado
6. Maduro
7. Oscuro
IV.
Les modules des cigares
V.
La conservation des cigares
VI.
Couper un cigare
VII.
Allumer un cigare
I. L'histoire du cigare
Si l’on ne sait pas à quelle époque les hommes commencèrent à fumer, on sait que les Européens ignoraient l’existence du tabac avant que Christophe Colomb en rapporte du Nouveau Monde en 1492. Les marins portugais et espagnols prirent alors l’habitude de fumer. Le mot cigare qui commence à apparaître dans le langage courant, à la fin du XVIII siècle, viendrait du maya « sikar », devenu « cigarro » en espagnol.
Les premiers cigares, du moins sous la forme telle que nous la connaissons aujourd’hui furent fabriqués avec des tabacs
cubains au début du XVIII siècle. Le nom de « Havane » pour designer ce type de tabac vu le jour à Cuba à la même époque. Cependant, on ne parlera plus de « Havane » mais de « Habano ». En effet, les Cubains ont décidé de protéger leur appellation en en faisant une appellation d’origine protégée (AOP). N’a le droit à l’appellation « Habano » qu’un cigare roulé à Cuba, à partir de feuilles récoltées à Cuba.
Au fil du temps les cigares ont adoptés des formes et des tailles diverses, du module robusto le plus classique à des modules plus longs ou plus courts…
II. La fabrication du cigare
La fabrication d’un cigare est un travail d’orfèvre qui requiert des gestes précis, un concerto en plusieurs mouvements qu’aucune machine au monde ne peut réaliser à l’identique. Le cigare se compose de cinq types de feuilles. Les trois premières constituent la tripe, celles-ci sont enroulées dans la capote ou sous-cape. L’ensemble est recouvert par la dernière feuille, la cape. La qualité d’un cigare dépendra des feuilles de tabacs utilisées.
1. La culture
La culture du tabac commence en juillet/aout avec les labours des terres. On sème ensuite en septembre et on repique les plants à la mi-novembre. La récolte des feuilles ne s’effectue qu’à partir de janvier et se fait à la main.
2. Le séchage
Les feuilles récoltées sont alors attachées deux par deux et suspendues sur des perches dans des hangars de séchage. En fonction de la provenance et de la destination des feuilles, elles sécheront de trois semaines à deux mois.
3. La fermentation
Ensuite, la première fermentation commencera pour permettent aux feuilles de suer leur excès de résine. Après plusieurs semaines de fermentation les feuilles seront triées en fonction de leur usage futur comme tripe, sous-cape ou cape, et suivant leur teinte, leur taille et leur qualité. C’est à cette étape que l’on écôte les feuilles en les débarrassant de leur nervure centrale. Elles subiront alors une seconde fermentation pour affiner leurs arômes et éliminer les dernières impuretés. Par la suite, les feuilles seront conditionnées en balles ou en tonneaux de bois et vieilliront ainsi de six mois à plus de deux ans avant de prendre le chemin de la manufacture. Pour les plus grands tabacs une troisième fermentation aura lieu en fabrique où les feuilles seront successivement aérées et humidifiées. Ce processus de bonification sera répété pendant au moins un an. Ainsi, le temps passé à cette longue préparation du tabac justifie le prix élevé d’un cigare de qualité…
4. La confection
Le travail du cigarier commence, il va alors exprimer tout son art. Enveloppant la tripe dans la sous-cape il confectionnera la « poupée ». Les feuilles de tripe ne devront pas être trop serrées pour que le cigare ne tire pas difficilement. A l’inverse, trop lâches le cigare brulerai trop vite et deviendrai âcre. Ainsi, la confection de la poupée est une étape décisive dans la fabrication d’un cigare. La poupée est ensuite placée dans un moule à calibrer. On coupe ce qui dépasse du moule avant de presser le moule. A l’aide de sa chavette, un outils arrondi et tranchant, le cigarier va découper une feuille de cape à la bonne taille qu’il enroulera en diagonale autour de la poupée. Il scellera les extrémités du cigare avec de la colle végétale neutre. Une chute de cape viendra coiffer la tête du cigare et le pied du cigare sera sectionné à la longueur voulue. Une fois terminé le cigare subit des contrôles de qualités très strictes…
III. Les teintes des cigares
Les cigares et leur cape sont regroupés en 7 classes de couleurs de base. La puissance des arômes est croissante et souvent fonction de la couleur de la cape d’un cigare, qui va du vert au noir. Ces différences de couleurs sont dues à la nature du tabac et à son exposition au soleil.
1. Double claro ou candela
Blond verdâtre, couleur obtenue le plus souvent en cueillant la feuille avant le terme de maturité sur le plant et en accentuant sa pâleur par séchage, le plus souvent accéléré au feu de bois, ce qui empêche la couleur de foncer. Le goût est très doux, presque suave.
2. Claro
Brun pâle. Les tabacs claro sont souvent cueillis avant maturité et rapidement séchés à l'air. Ces cigares sont doux et légers.
3. Colorado claro
Brun moyen, fauve. Ce sont les feuilles du haut de la plante, plus exposées au soleil que les précédentes et dont la maturation sur le plant puis après la cueillette est plus longue. C'est le début des tabacs qui ont du corps.
4. Colorado
Brun sombre, rougeâtre Brun moyen et soutenu, qui correspond à une force moyenne pour un temps de maturation qui devient conséquent.
5. Maduro colorado
Brun sombre, on progresse pour la sélection des feuilles vers le haut de la plante et vers les maturations avancées. La couleur est de plus en plus soutenue. Parfum très riche.
6. Maduro
Brun très sombre, proche du café Pour ces dernières teintes, il s'agit des feuilles les plus haut perchées sur la plante, celles dont la maturité a été exaltée au maximum par les rayons du soleil et dont ensuite la maturation a été poussée au plus loin. On touche ici aux pièces pour fumeurs chevronnés.
7. Oscuro
Presque noir, ces feuilles situées à l'extrémité supérieure de la plante ont reçu le plus de soleil et subi la maturation la plus longue. Il s'agit là de modules que les fumeurs de clarissimo qualifient d'infumables. Les capes de cette couleur proviennent essentiellement du Nicaragua, du Brésil ou du Mexique.
IV. Les modules des cigares
On ne fume pas un imposant cigare pour impressionner mais parce que plus le cigare est gros plus, plus son arôme est riche et plus il est savoureux à fumer. Il faut savoir que seuls les cigariers les plus talentueux fabriquent les gros cigares tels que les coronas, les coronas grandes ou les robusto.
On recense un cinquantaine de formats de cigares, d’une marque à l’autre la taille d’un même module peut légèrement varier.
Un module est fonction de la longueur et de l’épaisseur (diamètre) des cigares. Le diamètre d’un cigare s’exprime en termes de calibre, l’unité de mesure est 1/64 pouce. Ainsi, un cigare calibre 42 a une épaisseur de 42/64 pouces, soit 16,67mm.
Voici un tableau récapitulatif des tailles des principaux modules :
| Module | Calibre | Ø (mm) | Long. (mm) |
| Laguito N°3 | 26 | 10,32 | 115 |
| Carolina | 26 | 10,32 | 121 |
| Panetela Larga | 28 | 11,11 | 175 |
| Chico | 29 | 11,51 | 106 |
| Entreacto | 30 | 11,91 | 100 |
| Palmita | 32 | 12,70 | 152 |
| Delicioso | 33 | 13,10 | 159 |
| Palma | 33 | 13,10 | 170 |
| Ninfa | 33 | 13,10 | 178 |
| Panetela | 34 | 13,49 | 117 |
| Placera | 34 | 13,49 | 125 |
| Epicure | 35 | 13,89 | 110 |
| Sport | 35 | 13,89 | 117 |
| Conchita | 35 | 13,89 | 127 |
| Carlota | 35 | 13,89 | 143 |
| Cadete | 36 | 14,29 | 115 |
| Seoane | 36 | 14,29 | 125 |
| Veguerito | 36 | 14,29 | 127 |
| Delicado Extra | 36 | 14,29 | 185 |
| Trabuco | 38 | 15,08 | 110 |
| Laguito N° 2 | 38 | 15,08 | 152 |
| Parejo | 38 | 15,08 | 166 |
| Delicado | 38 | 15,08 | 192 |
| Laguito N° 1 | 38 | 15,08 | 192 |
| Belvedere | 39 | 15,48 | 125 |
| Perla | 40 | 15,87 | 102 |
| Franciscano | 40 | 15,87 | 116 |
| Coronita | 40 | 15,87 | 117 |
| Standard | 40 | 15,87 | 123 |
| Londres | 40 | 15,87 | 126 |
| Petit Cetro | 40 | 15,87 | 129 |
| Almuerzo | 40 | 15,87 | 130 |
| Crema | 40 | 15,87 | 140 |
| Laguito No.1 | 40 | 15,87 | 192 |
| Minuto | 42 | 16,67 | 110 |
| Mareva | 42 | 16,67 | 129 |
| Petit Corona | 42 | 16,67 | 127 |
| Eminente | 42 | 16,67 | 132 |
| Nacional | 42 | 15,87 | 134 |
| Cosaco | 42 | 16,67 | 135 |
| Corona | 42 | 16,67 | 140 |
| Corona Grande | 42 | 16,67 | 155 |
| Cervante | 42 | 16,67 | 165 |
| Conserva | 43 | 17,07 | 145 |
| Cazadore | 43 | 17,07 | 162 |
| Dalia | 43 | 17,07 | 170 |
| Francisco | 44 | 17,46 | 143 |
| Corona Gorda | 46 | 18,26 | 143 |
| Taco | 47 | 18,65 | 158 |
| Julieta / Churchill | 47 | 18,65 | 178 |
| Gran Corona | 47 | 18,65 | 235 |
| Hermoso N° 4 | 49 | 19,05 | 127 |
| Paco | 49 | 19,45 | 180 |
| Double corona | 49 | 19,45 | 194 |
| Robusto | 50 | 19,84 | 127 |
| Gordito | 50 | 19,84 | 141 |
| Campana | 52 | 20,64 | 140 |
| Piramide | 52 | 20,64 | 156 |
V. La conservation des cigares
Les cigares sont des produits organiques et naturels, appréciés pour leurs différents arômes. Ils demandent à être conservés au même titre que le vin.
Comme beaucoup de substances organiques et spécialement végétales, les cigares s'humidifient ou se dessèchent en prenant ou rendant de l'humidité à l'atmosphère ambiante.
Idéalement, ils doivent être entreposés dans un environnement humide, à l'abri de la chaleur et du froid. Les vrais connaisseurs les garderont donc à l'intérieur d'une cave étanche à l'air, et loin de toute source de chaleur, leurs permettant ainsi d'exprimer toute la quintessence de leurs arômes...
Au fil du temps les cigares ont adoptés des formes et des tailles diverses, du module robusto le plus classique à des modules plus longs ou plus courts…
Tous les connaisseurs vous le diront, la conservation du cigare est tout aussi importante que sa fabrication. Pour bien conserver vos cigares, il faut comprendre le rôle de l’humidité. Ainsi, pour en prendre soin, entreposer les à l’intérieur d’une cave à cigares étanche à l’air, appelée également humidor, elle vous permettra de garantir le goût de vos cigares. Le niveau d'humidité de votre cave à cigares devra avoisiner 70%. Si un cigare n’est pas assez humide, sa cape risque de se craqueler et sa consommation sera très rapide. Au goût, il sera âcre et à l’odeur piquante. A l’inverse, trop humide, il s’éteindra trop facilement et risquera de moisir.
Choisir sa cave à cigare, c’est prendre en compte différents critères la capacité d’abord, le système d’humidification ensuite, enfin, le design et le style qui se dégage de votre futur humidor.
Pour ne pas favoriser le développement des lasiodermes maintenez l’intérieur de votre cave à cigares à une température entre 16 et 18°C.
Pour l'entretien de votre humidor et de vos cigares pensez à l'ouvrir de temps en temps pour en régénérer l'air. Changez vos cigares de place pour les ventiler et qu'ils ne soient pas toujours dans la même position. Mettez plutôt de l'eau distillée ou déminéralisée et non du robinet qui transporte beaucoup de trop de bactéries. Retirez tous les emballages des cigares, cellophane ou tubes métallique pour les laisser profiter pleinement de l'atmosphère de votre cave à cigare.
L’intérieur de la cave devra être doublé de cèdre d’Espagne assurant ainsi une protection contre les parasites du tabac. Le cèdre d’Espagne absorbe également l'humidité excessive, qu'il pourrait y avoir à l’intérieur de la cave.
Pour l’entretien, nous vous recommandons d’aérer au moins une fois toute les deux semaines la cave pour renouveler l’air. Nous recommandons également d’utiliser exclusivement de l’eau déminéralisée pour remplir l’humidificateur.
VI. Couper un cigare
La plus part des cigares possèdent une tête recouverte et fermée. Pour de nombreux amateurs, fumer un cigare se conçoit comme un rituel, et décapiter la tête du cigare en est le premier geste. La coupe doit être nette et droite, à environ 3 mm de la base de la tête. La technique employée reste néanmoins une affaire de préférence personnelle.
On peut se servir d’un coupe-cigare, mais il est déconseillé utiliser les dents ou les ongles pour l’incision ceci risqueraient d’abimer la tête du cigare.
Il existe sur le marché une vaste gamme de coupe-cigares, de la modeste guillotine de poche à monture en plastique, purement utilitaire, aux modèles de luxe montés sur acier, or, argent, ou émaux. Ces instruments peuvent comporter une lame simple ou une double lame.
On trouve également plusieurs modèles de ciseaux, dont les lames sont incurvées pour assurer une action régulière sur toute la section du cigare. S’ils sont efficaces, leur manipulation demande un peu d’entrainement.
On voit parfois des fumeurs percer la tête du cigare. Attention à ne pas écraser les feuilles de tripe, ce qui a pour conséquence de faire surchauffer le cigare et d’en ruiner le gout.
VII. Allumer un cigare
Pour allumer votre cigare utilisé des allumettes longues ou un briquet, tenez votre cigare horizontalement au bord de la flamme et faites le pivoter sur lui-même jusqu’à embrasement de façon uniforme.
Eloignez légèrement, portez le cigare à votre bouche et tirez lentement le cigare, toujours à l’horizontale, en continuant à le faire tourner. Attention à ne pas l’enflammer.
Souffler doucement sur la braise pour vérifier qu’elle est bien repartie, pour ne pas que le tabac se consume plus vite d’un côté que de l’autre.
Une fois votre cigare bien allumé, prenne garde à ne pas tirer des bouffées excessives : un cigare se fume lentement et régulièrement…